Quel assassin êtes vous ?
Allez, c'est le moment de vous torturer un peu la tête avec une réflexion sûrement très connue de ceux qui font de la philo, mais personnellement je ne connaissais pas.
Alors voilà l'histoire. Supposez que prendre une vie pourrait en sauver 5 autres, quelle serait la bonne chose à faire ? Ce genre de problèmes éthiques constitue un classique pour les philosophes.
Comme les scientifiques, les philosophes utilisent des expériences pour tester leurs théories.
A ceci près que les expériences des philosophes ne nécessitent pas de labo sophistiqué, de scientifiques en blouse blanche ou encore de cobayes. Un peu d'esprit suffit et dans notre cas, quelques internautes
Ces "expériences de la pensée" aident les philosophes à clarifier leur compréhension de certains concepts et intuitions. Dans le domaine de l'éthique, les expérimentateurs présentent souvent un problème ou dilemme, examinent alors la réponse "intuitive" la plus fréquente et montrent enfin les implications dans le monde réel.
Ces expérimentation sont rarement testés sur un grand nombre de personnes. C'est là où vous intervenez avec quatre expériences typiques. Vous êtes donc invités à répondre et à indiquer de quelle manière vous réagiriez face à chaque cas.
Exemple 1 : LE VIOLONISTE DE THOMSON
Un jour, vous vous réveillez dans un hôpital. Dans le lit voisin est étendu un violoniste mondialement connu connecté à vous via divers tubes et équipements médicaux.
Horrible surprise, vous découvrez avoir été kidnappé par l'Association de ceux qui aiment la musique. Conscient de la mort imminente du maestro, ils vous accrochent au violoniste.
Si vous restez dans votre lit d'hôpital, connecté au violoniste, il sera totalement guéri dans neuf mois. Vous êtes peu susceptible de souffrir. Personne d'autre ne peut le sauver. Devez-vous rester connecté ?
Judith Thomson, créatrice de l'expérience, pense que la réponse est non. Cela serait généreux de le faire, dit-elle, mais il n'y a pas d'obligation de rester, même si cela nécessite la mort du violoniste.
En quoi ce scénario étrange est-il lié au monde réel ? Thomson a utilisé cette expérience pour contrecarrer les thèses anti-avortement. Elle estime notamment qu'une femme enceinte peut avorter à partir du moment où elle avait pris des mesures pour éviter d'être enceinte.
Ici, le violiniste représente le bébé, et vous - dans le lit d'hôpital - jouez le rôle de la mère. Si vous pensez que se décrocher du violoniste est acceptable, mais avorter d'un foetus non désiré ne l'est pas, quelles sont les différences morales entre les deux ? Dans les deux situations, vous pourriez sauver une personne en soutenant un lourd fardeau pendant neuf mois.
Pour Thomson, si un argument est correct, alors l'application du même raisonnement à d'autres cas devrait l'être également .
Un des arguments anti-avortement consiste à appliquer un principe plus général : si nous avons le choix entre respecter le droit à la vie, et respecter le droit de son propre corps, le droit à la vie doit toujours être vainqueur. C'est ce que semble dire les anti-avortement. Il ne serait donc pas possible de tuer la personne dont la vie est en jeu dans ce cas. Thomson pense alors que ce raisonnement produit le mauvais résultat lorsqu'on l'applique au cas du violoniste. Par conséquent, nous pouvons douter qu'il donne le bon résultat dans le cas de l'avortement.
Une des failles avec les expériences sur la pensée, particulièrement concernant l'éthique, est qu'elles sont rarement testées sur un échantillon suffisant. Le philosophe supposera simplement que telle option est celle de la majorité. Philippa Foot, un philosophe britannique renommé, pense que si un docteur s'apprêtant à sauver la vie d'un patient avec une grande dose d'une drogue rare, était soudainement interrompu par l'arrivée de cinq autres patients chacun nécessitant un cinquième de la drogue (sans laquelle la mort serait certaine), alors le docteur devrait la donner aux cinq autres. Il est, après tout, meilleur de laisser une personne mourir plutôt que cinq. Elizabeth Anscombe, un autre philosophe important, est en désaccord : « Il ne me semble y avoir rien de mal à donner au premier patient la dose massive et laisser les autres mourir ». Ces prédictions quant à l'intuition des personnes étant centrales aux arguments de beaucoup de philosophes, et ces prédictions pouvant être examinées, pourquoi ne pas le faire ?
Exemple 2 : LE WAGON FOU
Une des expériences de pensée les plus célèbres dans l'éthique est « le wagon fou ». Elle vise à clarifier comment nous devrions distinguer le bien du mal. Voici le scénario avec deux variations bien connues.
Vous vous souvenez des wagons dans les anciennes mines d'Indiana Jones ? Un de ces wagons s'emballe et dévale la voie à vive allure. Sur son chemin il y a cinq personnes qui seront certainement tuées à moins que vous, un spectateur, actionniez un levier qui le détournera vers une autre voie, où il tuera une seule personne. Devez-vous actionner le levier ?
Exemple 3 : LE WAGON FOU ET L'OBESE
Le wagon dévale la voie où il tuera cinq personnes. Vous vous tenez sur un pont au-dessus de la voie et, averti du désastre imminent, vous décidez de sauter sur la voie pour bloquer le wagon. Malgré votre mort, les cinq personnes seront sauvés.
Juste avant votre saut, vous vous rendez compte que vous êtes trop léger pour arrêter le wagon. À côté de vous, un homme obèse se tient sur le bord du pont. Il bloquerait certainement le wagon, bien qu'il meure assurément de l'impact. Un petit coup de coude (ou coup de boule, c'est à la mode) et il tomberait juste sur la voie en dessous. Personne n'en saura quoi que ce soit. Devez-vous le pousser ?
Philippa Foot indique que chacun (« sans hésitation ») choisirait de renverser le levier dans le 1er cas, mais que la plupart d'entre nous sont affligés à l'idée de pousser le gros monsieur. Le casse-tête philosophique est celui-ci : Pourquoi est-il acceptable de sacrifier une personne dans le cas du levier mais pas la personne obèse ? Peut-il être moralement acceptable de tuer une personne innocente si c'est la seule manière d'en sauver beaucoup ? Est-ce que certaines actions - telles que tuer délibérément les personnes innocentes contre leurs souhaits - ne doivent jamais être entreprises ? La dernière expérience explore cette idée.
Exemple 4 : LES SPELEOLOGUES
Un énorme rocher tombe et bloque la sortie d'une caverne que vous explorez avec cinq autres touristes au bord de mer. Heureusement, vous repérez un trou un peu plus loin et décidez de laisser le gros rodolphe sortir d'abord. Mais gros rodolphe, un homme aux proportions généreuses, se coince dans le trou. Il ne peut pas être déplacé et il n'y a aucune autre sortie.
La marée monte et, à moins que vous sortiez bientôt, tout le monde sauf le gros rodolphe (dont la tête est à l'air libre) se noiera inévitablement. Recherchant dans votre baluchon, vous trouvez un bâton de dynamite. Elle ne déplacera pas la roche, mais explosera certainement gros rodolphe libérant le trou. Gros rodolphe, qui vous voit venir, vous prie d'épargner sa vie. Il ne veut pas mourir, pas plus que vous et vos quatre compagnons. Devez-vous faire exploser le gros rodolphe ?
Si les rôles étaient inversés, quel conseil donneriez vous à vos compagnons emprisonnés ?
Les expériences sur la pensée, bien qu'abstraites, probablement invraisemblables et sujettes à différentes interprétations, peuvent avoir des répercussions importantes sur notre façon de penser et d'agir en tant qu'individus. Elles soulèvent des questions épineuses au sujet de la moralité de la guerre, de la politique, dans la médecine et dans la vie quotidienne.
Y a-t-il une différence entre massacrer quelqu'un et le laisser mourir ? Les conséquences sont-elles tout ce qui compte, ou y a-t-il des choses que nous ne devrions jamais faire, quel que soit le résultat ? En soulevant des contradictions dans notre pensée, ou en nous encourageant simplement à réfléchir à des questions que nous ignorons habituellement, ces expériences peuvent affiner notre intellect et enrichir notre vie morale. Elles conduisent également à de grands sujets de conversation à table ou au bistro. Mais vous êtes prévenus : vous risquez de perdre des amis! Et restez éloignés des cavernes et des ponts
Traduction libre de What If ?.
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Kin :
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Ecrit le 11 octobre 2006 @ 17:47
Bonjour,
Intéressant article… toutefois, on voit bien ici qu’il faut se garder de conclusions trop hâtives par rapport à ce genre de test (extrapoler une situation vers une autre, comme par exemple l’image du violoniste par rapport à l’avortement peut amener à des erreurs: je ne pense pas qu’une personne ayant déjà une place dans la société, une vie, des interactions sociale ait exactement la même valeur pour chacun qu’un embryon. Personnellement je choisirais de ne pas sauver un embryon apportant du malheur autour de lui et susceptible d’être malheureux lui-même du fait qu’il ne soit pas souhaité, embryon qui n’a à mon sens rien de comparable avec un grand violoniste…).
K
BLINGBLOG :
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Ecrit le 11 octobre 2006 @ 18:33
C’est souvent les réflexions qui viennent après, sur la valeur des gens. Est-ce qu’il vaut mieux sauver un grand physicien plutôt que 5 violeurs d’enfants…etc.
Maude :
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Ecrit le 12 octobre 2006 @ 16:32
bizarrement sur la premiere question, celle du violoniste, j’ai répondu oui, alors que je suis en accord avec l’avortement. la reponse est que ce n’est pas comparable. un enfant, on le porte 9 mois durant et on s’en occupe pendant au moins 18 ans apres! Or, une fois les 9 mois passés le violoniste n’aurat plus besoin de nous… de plus, un foetus (et un bébé) creera des liens avec la mere du fait de sa réactivité (ce qu’il ne semble pas etre le cas)… enfin, viens l’argument de l’interessé (qui me vient a l’esprit) au bout des neufs mois, le violiste aurat toujours un moyen de nous retribuer pour ces neufs mois… et finalement, la situation n’est pas comparable, car meme enceinte (en tout cas au début) la mere peut avoir une activité et peut entretenir une vie sociale (cad: sortir, faire les courses etc… avouons le, au 2e mois de sa grossesse, une mere n’est pas “handicapé” par un cadavre relié a elle par des tubes aussi petit soit il)…
Manfred :
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Ecrit le 12 octobre 2006 @ 23:39
Les réflexions sur la valeur des gens me paraissent franchement “à la limite” : en fonction de quoi décide t’on de la valeur d’un individu ?
N’oubliez pas que juger quelqu’un, c’est s’ériger soi-même en individu supérieur.
Tom :
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Ecrit le 13 octobre 2006 @ 2:32
Il y a un monde entre mettre au monde un enfant et l’élever et sauver un illustre inconnu.
Son enfant demande un engagement beaucoup plus important. Cet engagement, certaines personnes en sont malheureusement pas conscientes lors de la conception (qui est présenté a tord ou a raison plus comme un fête par notre société). Mais heureusement la femme, par ses changements physiologiques en prend rapidement conscience. Le droit à l’avortement choisi qui doit aller de pair avec l’éducation à la contraception est nécessaire pour que les parents d’un enfants l’ai choisi et par ce choix en assume les responsabilités.
En France on donne jusqu’à 12 semaines après les dernières règles de la femme pour qu’elle puisse avorter volontairement, ce qui correspond à 10 semaines de développement ce qui ne fait pas de l’embryon un être vivant et encore moins un Homme (cf embryologie ds google).
il est aussi a noter que apparemment cette loi semble adapté car la majorité des avortements volontaires se font deux semaines avant la fin du délai légal.
Pour les interventions médicales de grossesse qui peuvent être pratiqué dans l’extreme (mais je crois jamais en pratique) juste avant la naissance, il s’agit d’un autre débat.
Sébastien :
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Ecrit le 13 octobre 2006 @ 17:32
Moi, le gros Rodolphe, je lui carrerais un bâton de dynamite rien que pour le plaisir de voire éclater. Alors si en plus ça peut me sauver la vie…j’hésites pas!
Grouik :
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Ecrit le 14 octobre 2006 @ 19:21
Les critères suivants ne devraient pas, à mon avis, entrer en ligne de compte dans nos choix si éthiques si nous voulons qu’ils soient justes :
- la “valeur” des personnes : qui décide des + et des - d’une personne ?
- le nombre des personnes : quel est le ratio acceptable, 1 pour 1, 1 pour 2, 1 pour 10, qui décide ?
Bref, si l’on ne veux pas introduire d’arbitraire (décision humaine sur des critères subjectifs éventuellement inconscients), il faut se passer de ces critères pourtants si pratiques !
Gregoware :
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Ecrit le 14 octobre 2006 @ 21:16
J’ai l’impression que ce qui joue dans la decision, n’est pas la decision de tuer ou pas une personne pour en sauver cinq, mais l’évocation de la maniere de la tuer.
Evoquer la mort de quelqu’un est tres abstrait.
Actionner un levier n’est pas relié a un acte répréhensible.
Donner la drogue a 5 personnes, c’est faire un acte positif : les sauver.
Faire exploser le gros Rodolphe c’est moins évident, ca évoque le barbare, l’inhumain.
Bref apres l’acte neutre ou positif on pourra se regarder en face. Si on revoit l’image du gros Rodolphe terrifié, on sent que l’on aura plus de mal à s’en remettre
Oliviheyy :
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Ecrit le 15 octobre 2006 @ 13:32
Mais bordel pourquoi ce gros Rodolphe se coince dans ce trou alors qu’on a une dynamite ?!
Anna :
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Ecrit le 28 octobre 2006 @ 21:06
perso le levier je prendrais pas la responsabilité de x mort(s) je laisserais faire le wagon, idem pour la drogue c’est 1ER arrivé 1ER servi! :pinch:
et puis c’est vrai sa pourquoi avoir pris le risque de coincer le gros rodolphe si on a une dynamite…
par contre comparer un violoniste à son propre enfant c’est grave!!!
jérôme :
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Ecrit le 01 décembre 2006 @ 19:33
tout d’abord au sujet de l’avortement, pour ma part je ne considere pas un embryon (ce n’est pas un foetus d’ailleurs car il reste 9 mois à le porter, les philosophes devraient étudier un peu plus la biologie…) comme un être vivant à part entière, il y a eu assez de débats pour en parler. De plus ce violoniste comme dit précédemment a une vie sociale, professionnelle etc., peut etre même une famille, il serait alors cruel de l’abandonner à son sort.
D’autre part je suis un homme et le rapport entre la mère et l’enfant à venir m’est completement inconnu, je pense que près de 50% des personnes ayant répondu sont des hommes…
L’amalgame entre le violoniste et l’embryon pourra donc être grandement controversé.
Juste une derniere remarque sur les personnes à tuer/assasiner: pourquoi s’agit il de personnes accusant un surpoid dans deux des cas? serions nous plus à même de tuer un obèse plutôt qu’une personne entrant dans une norme esthétique particulière. Pour moi ces propositions sont aussi graves que de présenter le problème avec des ethnies différentes : l’Africain noir étant plus costaud que vous il arretera sans doute le wagon…?! ça laisse à désirer… !!!
LN :
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Ecrit le 03 février 2007 @ 23:11
mon dieu, les emmerdeurs qui font du politiquement correct au lieu de réfléchir 2 minutes ça me fait sauvagement rigoler… quand ça me fait pas pleurer :pinch:
Jérôme :
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Ecrit le 05 février 2007 @ 16:56
et bien réfléchi LN, je n’ai pas vraiment compris le sens de ta réflexion, explique nous ce que ça donne lorsqu’on réfléchi 2 minutes… ton intervention était toutefois particulièrement constructive:biggrin:. Merci à toi!
add :
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Ecrit le 12 juin 2008 @ 18:00
Moi persso , je buterais un mec pour 500€ , alors pour sauver ma propre vie bien sure que je bute le gros ronalde et les autres pour les sauver ( prend lexemple du wagon ) bien tout cela depend si c’est un vieu tout moche ou une nana sexy
voilà ma vision des choses a + ( si je devais m’inventé une vie je serais un heros des GTA lol )
PS : je passerai de temps en temps pour voir vos reaction si il y en a ..